Propos antisémites tenus dans un bureau de vote lors du scrutin du 10 juin

Interpellation de Marc Loewenstein, Conseiller communal MR-FDF, au Collège des bourgmestre et échevins de la commune de Forest

Mesdames et Messieurs, Chers Collègues,

Les faits d’abord :

Lors des élections du 10 juin dernier, une électrice s’est rendue, comme tout autre citoyen, au bureau de vote où elle a été convoquée pour remplir son devoir électoral.

En arrivant devant les assesseurs et le président du bureau de vote, comme tout citoyen encore, elle a, normalement, présenté sa carte d’identité et sa convocation électorale.

Lorsque le président, en l’occurrence ici, la présidente, du bureau de vote a lu le nom figurant sur la carte d’identité de l’électrice, elle a déclaré, à la lumière d’un nom à consonance juive : « Encore une Juive ».

La victime avait alors des écouteurs sur les oreilles et a feint de ne pas entendre les propos antisémites. Après avoir voté, elle s’en est allée, choquée.

Après en avoir parlé autour d’elle, elle est retournée au bureau de vote en question, a demandé l’identité de la personne coupable de tels propos et c’est là qu’elle a pu découvrir qu’il s’agissait de la présidente du bureau en question.

Lors de cette confrontation, il va sans dire que la présidente du bureau de vote a nié avoir tenu de tels propos.

La victime est ensuite allé porter plainte auprès de la police et l’affaire a été communiquée au Centre pour l’Egalité des Chances.

Il n’est pas inutile de rappeler que plus tôt dans la journée, lorsque le père de la victime a été voter, au même bureau de vote, il a essuyé de la part de la présidente de bureau un commentaire du même style. Néanmoins, il n’a pas voulu porter plainte.

Un tel comportement est évidemment indigne de notre société démocratique, et ce, d’autant plus que la personne à l’origine de cet incident représentait, à son niveau, l’autorité publique dans le cadre du fonctionnement des élections.

Je pars ici d’un cas particulier, mais mes questions seront bien entendu générales et indépendantes de l’issue qu’aura le dossier à d’autres niveaux de pouvoirs.

Je suis conscient qu’un tel cas doit être poursuivi au niveau pénal et que la justice doit faire son travail, réponse que j’entendrai sans doute de votre part.

Néanmoins, j’aimerais connaître la position du Collège face à cet incident.

J’aimerais savoir si le Collège en a eu connaissance, si d’autres incidents antisémites et, plus largement racistes, se sont révélés dans ce même cadre ?

Le Collège pourrait-il me dire quelles sont les actions que la commune peut prendre pour éviter et sanctionner de tels propos tant inacceptables que détestables ?

A tout le moins ne pensez-vous pas que ce type comportement doit être sanctionné par l’impossibilité d’être à nouveau président ou assesseur, voire même assorti d’une sanction pécuniaire à savoir, le non-paiement de l’indemnité du président du bureau de vote ou de l’assesseur ?

Enfin, pourriez-vous me dire quel rôle la tutelle régionale peut jouer dans ce cadre ?

Je vous remercie d’avance pour vos réponses.