Reconnaissance du Fémicide

Le Parlement bruxellois reconnaît le FEMICIDE

En votant la résolution déposée par Viviane Teitelbaum, moi-même et sept aux députés bruxellois, le Parlement demande au gouvernement fédéral de :
- reconnaitre la terminologie de fémicide pour désigner les violences à caractère sexiste perpétrées à l’égard des femmes,
- ériger le fémicide en infraction pénale,
- le condamner et soutenir toute action visant à le dénoncer.

Voilà un positionnement clair et un signal important pour les victimes, pour les familles des victimes et, plus généralement, contre ces actes ignobles à l’égard des femmes.

Pour rappel, ce texte a été initialement porté en 2012 par Gisèle Mandaila (députée entre 2009 et 2014) et Viviane Teitelbaum. Il n’avait alors pas été soutenu part la majorité. Aujourd’hui, c’est chose faite.

Intervention de Marc LOEWENSTEIN, Député bruxellois DéFI, en Séance plénière du Parlement bruxellois.

Concerne : La proposition de résolution condamnant le fémicide

Si les exemples de fémicides, de violences faites à l’encontre de femmes parce que femmes, peuvent nous paraître venir de pays lointains, notre proposition de résolution parle en effet des conflits armés en République Démocratique du Congo, au Darfour, au Mexique et au Guatémala, cette même résolution met également en avant :

  • les crimes d’honneur, dont le triste cas de la jeune Sadia à Charleroi en 2007,
  • l’esclavage sexuel et la traite des êtres humains, avec un rapport d’Eurostat de 2014 qui pointe la Belgique dans les cinq pays européens d’où proviennent le plus souvent les trafiquants,
  • les mutilations génitales et stérilisations forcées, dont, selon les chiffres 2014 de l’OMS, 6.260 excisions en Belgique,
  • ou encore l’hétérosexualité forcée et les violences intrafamiliales et extrafamiliales en Belgique.

Au-delà des prises de positions venues d’ailleurs, il paraissait important aux yeux de notre groupe que Bruxelles et la Belgique définissent une position claire par rapport à ces actes ignobles à l’encontre des femmes.

Comme précisé en commission, le texte soumis au vote aujourd’hui a une histoire. Il a été déposé une première fois au Parlement francophone bruxellois en 2012 par Gisèle Mandaila, qui ne siège plus au Parlement, et par Viviane Teitelbaum. A ce moment-là, les signataires étaient toutes les deux dans l’opposition et la proposition n’avait pas passé le cap du renvoi en commission.

Je tiens ici à rendre hommage au travail effectué déjà à l’époque tout en regrettant qu’il n’ait pas pu aboutir il y a quatre ans.

Le groupe DéFI salue néanmoins aujourd’hui la large adhésion des groupes politiques de notre assemblée à ce texte qui vise :
- à consacrer le fémicide
- à dénoncer et condamner fermement :
— les violences faites aux femmes utilisées comme arme de guerre,
— les pratiques visant à inférioriser la femme telles que les crimes d’honneur, l’esclavage et les violences conjugales,
— à dénoncer et condamner le viol et la destruction des organes génitaux des femmes,
— ou encore l’hétéosexualité forcée.

Les constats et les faits ont été largement exposés dans les développements, ils sont assez clairs et frappants. Aujourd’hui, il est temps d’agir. Il est temps que Bruxelles et la Belgique se positionnent clairement sur la question.

Reconnaître la terminologie de fémicide pour désigner les violences à caractère sexiste perpétrées à l’égard des femmes, ériger le fémicide en infraction pénale, le condamner et soutenir toute action visant à le dénoncer, participent à ce positionnement clair et constituent un signal important pour les victimes, pour les familles des victimes et, plus généralement, contre ces actes ignobles à l’égard des femmes.