La grille d’analyse des causes d’accidents de la route

Question écrite de M. Marc LOEWENSTEIN, Député bruxellois DéFI, à Mme Bianca DEBAETS, Secrétaire d’Etat, chargée de la Coopération au développement, de l’Egalité des Chances, de la Sécurité routière, de l’Informatique et du Bien-être animal.

Concerne : la grille d’analyse des causes d’accidents de la route

Pour expliquer les accidents de la route, les pouvoirs publics incriminent essentiellement les conduites individuelles, laissant penser que tous étaient égaux devant les accidents de la circulation. Selon le Ministère de l’Intérieur française « il appartient à chacun d’avoir conscience de sa responsabilité citoyenne et de réagir pour faire reculer le nombre de vies sacrifiées sur les routes ». Il appartient donc à chacun de réfréner ses pulsions au volant, de ne pas boire, d’attacher sa ceinture, de respecter les limitations de vitesse…

Or, selon une analyse publiée par M. Mathieu Grossetête dans le « Courrier international », il ressort que la conduite d’un véhicule peut être influencée par les inégalités sociales et que la hausse du nombre de morts pourrait découler de la précarisation des classes populaires. A titre d’exemple, alors qu’ils ne représentaient que 13,8% de la population française âgée de 15 ans et plus, les ouvriers comptaient pour 22,1% des 3.239 personnes décédées sur la route en 2007 et pour 19% des blessés hospitalisés. A l’inverse, les cadres supérieurs, professions libérales et chefs d’entreprise (8,4% de la population) ne totalisaient que 2,9% des morts et blessés. Ces chiffres seraient liés à une exposition inégale aux dangers (routes secondaires moins sécurisées plutôt que routes payantes mieux équipées, type de conduite compensant un manque de valorisation sociale…).

Compte tenu des conclusions de cette étude et de ce changement de grille de lecture, la Secrétaire d’Etat pourrait-elle m’indiquer :

  • Si les actions en matière de sécurité routière sont focalisées uniquement sur les comportements individuels ou une attention est portée également aux aspects sociaux ?
  • Si les actions ne sont focalisées que sur les comportements individuels, la région prévoit-elle de revoir sa grille de lecture pour cibler ses actions de manière plus efficace ?
  • Une étude pourrait-elle être réalisée afin de déterminer si, comme en France, les inégalités sociales, voire peut-être d’autres facteurs, pourraient également avoir, dans notre pays, un impact sur notre manière de conduire et dès lors sur les accidents que nous sommes susceptibles de causer ?

Marc LOEWENSTEIN