Le développement du vélo à Bruxelles

Le vélo n’a toujours pas la cote à Bruxelles où seulement 7% des déplacements se font à vélo.

Divers obstacles subsistent et doivent être levés.

Si des efforts sont déjà faits et des travaux réalisés ou en cours de réalisation, le premier salon vélo qui s’est déroulé en septembre à Bruxelles a mis en avant les vélos high-tech ainsi qu’un ensemble d’innovations ne justifiant plus de se retrancher derrière la topographie régionale bruxelloise ou la nécessité d’efforts pour ne pas avancer dans la mise en place d’une politique cyclable enthousiaste et ambitieuse.

Le vélo de demain est clairement un outil de mobilité et non plus seulement de pur loisir. La Région doit prendre en compte ces évolutions et anticiper l’implémentation des nouvelles technologies notamment dans le cadre du développement de ses infrastructures.

Interpellation de M. Marc LOEWENSTEIN, Député bruxellois DéFI, à M. Pascal SMET, Ministre, chargé des Travaux publics, de la Mobilité et des Transports.

Concerne : Le développement du vélo à Bruxelles

Monsieur le Ministre,

A l’occasion de la semaine de la mobilité, le quotidien Le Soir revenait sur la question de l’utilisation du vélo en Région Bruxelloise. Force est de constater que le vélo n’a toujours pas la cote et que seulement 7% des Bruxellois effectuent leurs déplacements à vélo. La Région fait pâle figure face à des villes comme Copenhague, Utrecht ou encore Amsterdam où le vélo y est solidement implanté ou encore face à d’autres villes d’Europe qui ont décidé de se doter de politiques cyclables ambitieuses comme à Berlin, Munich, Strasbourg ou encore Paris.

Les raisons qui expliqueraient le manque d’engouement des Bruxellois – et plus largement les Francophones du pays – vers le vélo sont multiples nous apprend-on. La cause historique est en premier lieu pointée du doigt avec le développement d’une politique du « tout à la voiture » vue, à l’époque, comme un instrument de progrès et à mettre à la disposition du plus grand nombre. Le manque d’infrastructures ou les faiblesses des infrastructures existantes sont également épinglés comme principaux obstacles à la pratique du vélo. Le manque de volonté politique également apparaît comme une cause majeure, en plus de certains conservatismes présents au sein de certaines administrations attachées à une politique minimaliste en la matière. L’image véhiculée par certains médias à propos du vélo, avec le focus sans cesse braqué sur la sécurité, le port du casque, les accidents, en rebute parfois l’utilisation. La qualité de l’air n’aide pas non plus à convaincre certains de faire le choix de ce mode de transport. Enfin, on peut aussi pointer, en comparaison aux villes citées, l’aspect vallonné de Bruxelles qui peut en rebuter plus d’un.

Pourtant, malgré ces constats qui doivent nous mobiliser pour davantage de pro activité à destination des deux roues, la pratique du vélo semble progresser lentement à Bruxelles. Ainsi, sur les 340 kilomètres de voiries régionales, 193 sont équipées de pistes cyclables. Près de 90% des rues à sens unique sont passées en SUL (sens unique limité). A priori, le « tourne à droite » devrait être généralisé ; des panneaux en ce sens sont attendus. Fin 2017, la Région Bruxelloise devrait compter 263 box-vélos pour une capacité de 1.247 emplacements. Egalement, sur les 34 gares que compte la Région, 13 ne disposent actuellement pas de stationnements vélo.

Au-delà de cela, notons que le premier salon vélo s’est déroulé du 15 au 18 septembre 2017 avec la présentation notamment de bicyclettes high-tech et d’un ensemble d’innovations ne justifiant plus de se retrancher derrière la topographie régionale bruxelloise ou la nécessité d’efforts pour ne pas avancer dans la mise en place d’une politique cyclable enthousiaste et ambitieuse. Par exemple, aujourd’hui, à coté du vélo à « assistance électrique », se développe l’e-bike de plus en plus en abordable (mais restant cher néanmoins), doté d’une assistance moteur intuitive et automatique, d’une batterie intelligente, amovible et intégrée au cadre, d’un démarrage sécurisé, d’un dispositif de détection de vol, d’un tracking GPS et de mise à jour à distance. Le vélo de demain est clairement un outil de mobilité et non plus seulement de pur loisir, répondant à un ensemble de problèmes pour lesquels nous vous avons bien souvent interrogés dans cette commission. La Région doit prendre en compte ces évolutions et anticiper l’implémentation des nouvelles technologies notamment dans le cadre du développement de ses infrastructures.

La priorité pour notre Gouvernement en matière de politique cyclable doit rester l’aménagement et le développement des infrastructures qui sont nécessaires pour en encourager l’usage. De mémoire, un programme d’investissement pour l’aménagement de pistes cyclables séparées d’ici 2020 et approuvé en 2015 permettra la réalisation d’un ensemble de projets que vous êtes d’ailleurs venu nous présenter en commission.

Compte tenu de ces constats, mon interpellation visera à vous interroger sur les points suivants :

  • Pouvez-vous faire le point sur les développements et les aménagements des infrastructures cyclables en cours ? Egalement sur la question des permis d’urbanisme qui ont été sollicités et les projets qui seraient éventuellement bloqués ?
  • Le grand projet cyclable de la Petite ceinture suit-t-il bien son cours ? Pourriez-vous en préciser l’agenda et le phasage ?
  • Selon mes informations, 13 gares ne disposent pas de stationnements vélo. Est-il prévu d’en développer dans ces endroits dans un avenir proche et à proximité des points et des arrêts STIB, SNCB, De Lijn ? Pouvez-vous faire le point sur le développement des parkings vélo dans la Région ?
  • Au niveau du confort et, plus particulièrement, de la sécurité des cyclistes, pourriez-vous me communiquer votre position sur les pistes cyclables situées au milieu des rails de trams comme à la chaussée de Charleroi ou à la chaussée de Neerstalle ?
  • Quid par ailleurs sur l’implémentation des nouvelles technologies dans le cadre du développement de votre politique en matière de vélo et d’infrastructures ? Le développement d’outils comme l’e-bike ou encore les vélos à assistance électrique ne commande-t-il pas des adaptations au niveau des infrastructures (signalétique particulière, bornes de recharge, adaptation des dispositifs de sécurité, codification de la route, etc.) ?
  • In fine, je voudrais revenir sur la question d’un éventuel incitant financier de la Région pour permettre à des citoyens et/ou des entreprises de faire l’acquisition à moindre frais de vélos à assistance électrique ou de e-bike à terme ? Une réflexion est-elle prévue en ce sens notamment dans le cadre de la réforme de la fiscalité automobile ?

Marc Loewenstein


Pour découvrir le compte rendu des débats, cliquez ici et choisissez la Commission de l’Infrastructure du 16/10/2017. Il est disponible quelques jours après la date du débat.