La prévention, la sensibilisation et la reconnaissance du burnout

Certains employeurs ou proches de personnes atteintes de burnout doutent encore, soit par ignorance, soit par impression de simulation, de la réalité de cette maladie, notamment sans doute parce que les signes extérieurs ne sont pas décelables.

Or, cette maladie est bien réelle, touche 28.000 personnes par an en Belgique et mérite une attention particulière.

Il est en effet aujourd’hui plus que nécessaire que les pouvoirs publics, quel que soit le niveau concerné, y accordent une attention particulière, tant en termes de prévention, de sensibilisation des employeurs et managers, que de sa reconnaissance en tant que maladie professionnelle.

Intervention de M. Marc LOEWENSTEIN, Député bruxellois, sur le burnout lors de la séance plénière du Parlement fracophone bruxellois

Madame la Ministre,

Le Burnout ou syndrome d’épuisement professionnel peut être considéré comme la résultante d’une exposition chronique à un stress au travail. Il s’agit donc d’un syndrome lié au travail avec 3 dimensions symptomatiques :

  • un épuisement mental,
  • un cynisme amenant à une démotivation importante,
  • un sentiment d’échec et d’incompétence au travail.

Selon l’INAMI, 28.000 belges souffriraient chaque année de burnout et 1 travailleur sur 6 serait menacé par ce syndrome d’épuisement professionnel, qui peut-être d’ailleurs aussi autre que professionnel.

Ce phénomène a donc des conséquences socio-économiques significatives du fait de l’absentéisme de longue durée au travail puisqu’il représente un coût de 600 millions d’euros par an pour l’INAMI en indemnisation, ce qui représente 10% du budget de l’assurance invalidité. Cependant, le burnout engendre également des coûts indirects qui sont nettement plus difficilement quantifiables tels que :

  • la perte de productivité découlant de la perte de motivation,
  • l’augmentation des dépenses de santé,
  • les pertes pour les entreprises liées à un désengagement qui peut provoquer un départ forcé des employés sous différentes formes (démissions, licenciements ou encore ruptures conventionnelles).

Au-delà de ces coûts économiques et sanitaires pour la société, soulignons que le burnout peut également engendrer une dégradation des relations sociales et familiales de la personne en souffrance et de son entourage.

A la lumière de ces éléments, il est évident que ce phénomène devrait être pris très au sérieux par les autorités et les différents niveaux de pouvoirs.

Tout d’abord, cela devrait évidemment se traduire par une augmentation des moyens publics alloués à la prévention du burnout dans le futur.

Ensuite, il est nécessaire qu’une pleine reconnaissance soit réservée aux cas de décompensations sévères, et associée à des programmes de prévention et une prise en charge spécifique par des professionnels. A cet égard, la stratégie pluriannuelle en matière de bien-être au travail que vous avez mise en œuvre au sein des institutions de la commission communautaire française mérite d’être saluée.

  • Pourriez-vous nous indiquer si des actions de sensibilisation relatives à la prise en charge spécifique du burnout ont également été réalisées auprès du secteur associatif lié à la santé mentale ?

Par ailleurs, il importe d’aller plus loin et de reconnaître ce syndrome comme une maladie professionnelle.

  • Bien qu’il s’agisse d’une compétence fédérale, avez-vous déjà interpellé ce niveau de pouvoir en vue de faire reconnaître pleinement le burnout comme une maladie professionnelle au sens de l’article 62bis des lois coordonnées du 3 juin 1970 relatives à la réparation des dommages en matière de maladies professionnelles ?

Enfin, il est fondamental d’obtenir une vue d’ensemble sur les causes, les conséquences et les solutions à mettre en œuvre pour répondre à ce phénomène préoccupant de santé publique.

  • Madame la Ministre, pourriez-vous nous indiquer si le Centre Fédéral d’Expertise (KCE) a été saisi par la Conférence interministérielle en vue de réaliser une étude sur le sujet ? De fait, il est urgent de renforcer la sensibilisation des employeurs et managers et d’adopter une approche de prévention du burnout sur base de données actualisées.

Je le répète, même si certains encore doutent d’un cas de burnout auquel ils peuvent être confrontés, soit par ignorance, soit par impression de simulation, cette maladie est bel et bien réelle et il est essentiel que les pouvoirs publics, quel que soit le niveau concerné, y accordent une attention particulière, tant en terme de prévention, de sensibilisation, que de reconnaissance.

Je vous remercie d’avance pour vos réponses.

Marc LOEWENSTEIN