Les zones 30

Une généralisation des zones 30 à Bruxelles via une modification de la vitesse par défaut passant de 50 à 30km/h ?

Oui, mais pas sans mesures d’accompagnement comme les aménagements de sécurité, les contrôles, la modification de la signalisation ou encore une campagne de communication à la mesure du changement proposé.

Intervention de Marc LOEWENSTEIN dans la proposition d’ordonnance visant à réduire la vitesse par défaut à Bruxelles de 50 à 30km/h

Bien entendu, le groupe DéFI est attentif à la sécurité routière et à l’éventail de mesures à prendre pour diminuer le nombre de morts, de blessés graves et de blessés tout court sur nos routes.

C’est d’ailleurs aussi en ce sens que j’ai déposé une proposition de résolution visant à rendre obligatoire le port du casque pour les enfants de moins de 14 ans, proposition prise en considération ce matin, ou encore qu’on va voter toute à l’heure ma proposition de résolution, soutenue par 9 groupes politiques de ce parlement, concernant l’installation de système anti-collision intelligents sur les bus de la STIB et sur les nouveaux véhicules mis en circulation.

Et pour ceux qui défendent le maintien de la vitesse à 50km/h pour des raisons de fluidité - cela a été évoqué par certains en commission -, je les invite à vérifier leur vitesse moyenne d’un point A à un point B à l’intérieur de Bruxelles. Elle est oscille autour des 20km/h.

Par ailleurs, on le voit dans nos discussions sur le terrain, on entend souvent des riverains vouloir que leur propre rue soit mise en zone 30 pour plus de calme et de sécurité, tout en laissant les rues voisines à 50 pour pouvoir y rouler plus vite. Or, ce souci pour la qualité de vie et la sécurité doit être partagé et accepté par tous et pour tous.

Pour revenir au sujet qui nous préoccupe et à la zone 30, plusieurs communes sont en train de généraliser la mise en zones 30 de leur territoire, tout en laissant, selon les cas, des voiries régionales, voir inter-quartiers à 50 km/h.

Lorsqu’on analyse les chiffres, ils démontrent que les zones 30 constitueront bientôt 75% du réseau routier bruxellois.

Pour davantage de clarté, il semble logique pour DéFI qu’un changement de régime soit sérieusement étudié et, le cas échéant, implémenté.

Si 75% des voiries sont en zone 30, le bon sens voudrait que la vitesse par défaut soit 30km/h et les panneaux de limitation de vitesse à 50, 70, 20 ou encore 10 soient, eux, placés sur les 25% de voiries restantes. Cela donnerait un message clair et libérerait le paysage urbain de toute une série de panneaux de signalisation.

Mais d’un autre côté, on ne peut pas improviser une telle mesure, ni donner de faux espoirs ou de faux sentiments de sécurité aux citoyens.

Pour mettre en place une mesure aussi importante que la modification de la vitesse par défaut dans notre Région, il est absolument nécessaire de prendre des mesures d’accompagnement :

  • en planifiant la sécurisation de chacune de ces zones 30, que ce soit par des dispositifs ralentisseurs, des radars préventifs et bien sûr des contrôles répressifs,
  • en organisant la modification de toute la signalisation qui ne peut pas se faire du jour au lendemain,
  • et en prévoyant une campagne de communication à la mesure du changement proposé.

En novembre dernier, les ministres Smet et Debaets ont annoncé leur souhait de réaliser ce changement de la vitesse par défaut à Bruxelles en passage de 50 à 30 km/h. Cette question avait alors déjà fait de débats, mais surtout d’un point au Gouvernement bruxellois, point à l’issue duquel il a été demandé au ministre et à la secrétaire d’Etat de creuser la question et entamer les concertations. On ne peut en effet imaginer qu’une telle mesure soit prise par la Région sans concertation étroite avec les communes qui ont une grande connaissance de leur terrain.

Dans ces circonstances, il nous paraît sage de laisser le gouvernement travailler et proposer un projet global, concerté et bien préparé, plutôt que de voter aujourd’hui un texte qui prévoit un changement de régime du jour au lendemain, sans mesures d’accompagnement. Et s’il nous parait sage de laisser le gouvernement travailler, nous ne comptons pas pour autant attendre sagement qu’il accouche d’une solution.

En tant que parlementaire, nous disposons d’un pouvoir de contrôle et nous ne manquerons pas de revenir vers le gouvernement pour connaître l’évolution du dossier et insister ainsi les attentes du Parlement.

C’est la raison pour laquelle le groupe DéFI a décidé de voter contre ce texte moyennant une abstention. Nous faisons ainsi confiance au gouvernement dans les engagements qu’il a pris, mais montrons également, par cette abstention, notre souhait de voir ce dossier aboutir au plus vite plutôt que s’enliser.


Texte de la proposition d’ordonnance