La sensibilisation et le statut du burn-out

Le 26 avril dernier, la résolution relative à la sensibilisation et au statut du burn-out était adoptée.

Un premier pas avait été fait au Parlement francophone bruxellois pour une prise en charge pluridisciplinaire et spécifique du burn-out, pour sensibiliser les employeurs et les managers au burnout ou encore pour la mise en place d’un projet-pilote burn-out dans l’administration de la Cocof. Une demande importante avait été alors faite au niveau fédéral, celle de reconnaitre les cas de burn-out les plus graves afin que leurs victimes bénéficient d’indemnités plus importantes.

Plusieurs mois après le vote de cette résolution, il est temps de reprendre le dossier et de suivre l’action du gouvernement en la matière. Ce vendredi 8 novembre, j’ai interpellé le Ministre de la Santé sur le sujet.

Interpellation de M. Marc LOEWENSTEIN, Député bruxellois DéFI, à M. Alain MARON, Ministre en charge de l’Action sociale et de la Santé.

Concerne : Le suivi de la résolution relative à la sensibilisation et au statut du burn-out

Nous vivons actuellement dans un monde où la technologie nous permet de communiquer sans cesse, avec tout le monde, quand nous le voulons. Nous vivons dans un monde où la recherche constante de la croissance du gain économique se heurte à la quête de l’harmonie entre vie professionnelle et épanouissement personnel, souvent relatée comme la recette du bonheur.

Dans ce monde-là, la frontière entre vie privée et vie professionnelle devient poreuse. Des mails et appels incessants du boulot peuvent polluer nos moments de vie privée, si ce ne sont pas les travailleurs eux-mêmes qui ne peuvent plus s’empêcher de penser au travail, de rester scotché à leur smartphone ou ordinateur portable. Dans ce monde-là, l’exposition chronique au stress du travail peut provoquer un état de burn-out, « le mal du siècle ».

Pour rappel, le burn-out se caractérise par un état affectif associant, sur une large période, un épuisement émotionnel, une fatigue physique intense à une diminution significative des capacités cognitives. Et cette maladie, si elle est souvent associée au travail, peut également trouver sa source dans une sphère non-professionnelle, dans le milieu privé ou familial ; il ne faut pas le perdre de vue, ni le négliger.

Depuis 2016, le burn-out est considéré comme une maladie liée au travail. Bien que le travail ne soit pas l’unique cause, son environnement rencontre de nombreux facteurs propices au développement du mal du siècle. Cependant, cette maladie n’est toujours pas reconnue comme maladie professionnelle. Or, une telle reconnaissance permettrait d’accéder à une indemnisation plus importante que l’indemnité de 60% du salaire brut, qui est l’actuelle indemnité pouvant être perçue pour des maladies non reconnues comme étant professionnelle.

En Belgique, selon l’INAMI, 80.000 belges souffrent chaque année de burn-out, représentant un coût estimé à 600 millions d’euros par an d’indemnisations, ce qui équivaut à 10% du budget de l’assurance invalidité.

Sous la précédente législature, après avoir initié un « Jeudi de l’hémicycle » sur le sujet, j’ai rédigé en concertation avec des experts en la matière une proposition de résolution qui a été cosignée par mes collègues Ikazban et Kompany et qui a été soutenue par une large majorité par notre assemblée lors de la dernière séance du PFB en avril dernier.

Si je suis bien conscient que nous sommes en début de législature et que tout n’a pas encore pu être lancé, cette question me permet de remettre le dossier sur la table, rappeler les demandes au Gouvernement et veiller à leur suivi.

Nous demandions entre autres que, à l’image du projet pilote « burn-out » mis en place par l’Agence fédérale des risques professionnels (FEDRIS), un projet pilote burn-out soit entrepris au sein de l’administration générale de la Cocof en collaboration avec le comité de concertation de base « bien-être ». Ce projet pilote a-t-il été entretemps mis en place ? Dans l’affirmative, quel est le cadre de ce projet ? Dans la négative, quand avez-vous prévu d’y donner suite ?

D’autres demandes ont été formulées à l’attention du Gouvernement francophone bruxellois, à savoir :

  • sensibiliser le secteur associatif lié à la santé mentale au sujet de l’importance d’une prise en charge spécifique et pluridisciplinaire du burn-out ;
  • saisir la Conférence Interministérielle Santé afin d’obtenir une étude du Centre Fédéral d’Expertise (KCE) en vue d’objectiver la problématique ;
  • et interpeller la Fédération Wallonie-Bruxelles en vue d’encourager le développement de la recherche et de la formation relative à la psychopathologie du travail (recherche scientifique et formation) sur base des analyses psychosociales réalisées.

Pourriez-vous m’informer des suites données à ces trois demandes ?

Enfin, diverses demandes devaient être relayées par votre Gouvernement à l’échelon fédéral. Elles visent à renforcer la sensibilisation auprès des employeurs et managers par le biais de formation intra-entreprises d’une part, et d’étudier la possibilité d’accorder le statut, pour les cas de burn-out les plus sévères, de maladie professionnelle. Des contacts ont-ils été pris avec le Fédéral en vue d’appuyer ces demandes ?

Si cette maladie est de plus en plus intégrée dans les esprits et une attention plus importante y est portée, il reste encore beaucoup de travail, que ce soit en termes de reconnaissance, de prise au sérieux par certains, de traitement pluridisciplinaire, de sensibilisation et de formation des employeurs, de prévention des risques de tomber en burn-out ou de rechuter.

Je vous remercie d’avance pour l’attention que vous porterez à cette problématique pendant la durée de votre mandat, vous remercie d’avance pour vos réponses et vous souhaites à toutes et tous une agréable et heureuse journée de travail.

Marc LOEWENSTEIN


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