Les régimes de vitesse sur le Ring de Bruxelles

Ring limité à 100km/h sur les parties flamandes (55km) et bruxelloises (5,5km). Ring maintenu à 120km/h sur la partie wallonne (15km)

Pourquoi ne pas avoir tenté de mettre en place un régime commun aux 3 régions ?
Quid d’un système de vitesse adaptée en fonction des bouchons, accidents et intempéries ?

Demande d’explication de M. Marc LOEWENSTEIN, Député bruxellois DéFI, à Mme Elke VAN DEN BRANDT, Ministre, chargée des Travaux publics, de la Mobilité et de la Sécurité routière.

Concerne : Le choix de limiter à 100km/h les tronçons bruxellois et flamands du Ring de Bruxelles plutôt que d’y installer un système de vitesse adaptée

Depuis le 1er septembre dernier, la limitation de la vitesse sur le Ring de Bruxelles a été abaissée à 100km/h sur les parties flamandes (+/- 55km) et bruxelloises (+/-5,5km). Quant aux vitesses qui étaient déjà inférieures à 100km/h sur ces tronçons, elles le restent. Cette nouvelles limitation s’appliquera également sur les voies parallèles du Ring à la hauteur du boulevard de la Woluwe (R22), à Zaventem/Diegem (Machelen), aux nœuds autoroutiers entre le Ring et l’A12 et entre le Ring et l’E40 vers Ostende, ainsi qu’à la sortie n°13 du Ring à Dilbeek. Par contre, sur la partie wallonne du Ring, certes moins importante (+/-15km), la limitation de la vitesse est maintenue à 120km/h.

Selon les déclarations des ministres bruxelloise et flamande de la mobilité, Elke Van Den Brandt et Lydia Peeters, l’objectif de cette réduction de vitesse est d’accroître la sécurité sur cette voie très fréquentée, améliorer la qualité de l’air et contribuer à réduire les nuisances sonores.

En juin dernier, à leur annonce de limiter la vitesse à 100km/h, le cabinet de la ministre wallonne de la sécurité routière, Valérie De Bue, estimait qu’abaisser globalement la vitesse sur l’ensemble de la zone n’a pas d’intérêt en termes de sécurité routière et qu’il était préférable d’adapter la vitesse et la signalisation en fonction des conditions de circulation et météorologiques. Une manière, selon le cabinet, à ce que les automobilistes prêtent davantage attention à la signalisation et adoptent un comportement plus prudent. Le cabinet de la ministre wallonne précisait par ailleurs que leur position se reposait sur des enjeux de sécurité routière alors que, du côté flamand et bruxellois, la réduction de la vitesse était d’abord motivée pour des questions environnementales. Le cabinet pointait enfin l’absence de consultation de la Flandre et de Bruxelles sur ce dossier spécifique.

Sous la précédente législature, nous avons déjà eu l’occasion d’aborder la mise en place d’un réseau ASLS (Adaptive Speed Limit Signs). Si, selon VIAS ou Bruxelles Mobilité, il n’était pas pertinent au niveau intra-bruxellois, les axes n’étant pas suffisamment longs et continus pour le mettre en place, le système restait pertinent au niveau du Ring de Bruxelles. Seulement, à l’époque, ce réseau ASLS semblait être conditionné à la réalisation du projet flamand d’élargissement (ou d’optimalisation) du Ring.

Pour ma part, en observant des réseaux ASLS développés dans d’autres pays, voir autour d’autres villes belges, je pense à Anvers ou Gand, j’observe que, en général, cela fonctionne et permet, dans une certaine mesure, d’anticiper davantage les bouchons et, surtout, les effets accordéons que lorsqu’on maintient une limitation fixe à 100km/h (ou à 120), ou encore diminuer la vitesse en cas d’importantes intempéries. Je m’interroge sur les raisons d’un maintien d’une limitation à 100km/h pendant les heures de pointe alors que si elle était variable en fonction des tronçons et de la congestion (60km/h, 80km/h…), elle éviterait ces bouchons et effets accordéons. De la même manière, on peut s’interroger sur les raisons de limiter la vitesse à 100km/h – et ne pas la maintenir à 120 – lorsqu’on y roule à minuit sur une route quasi déserte.

Compte tenu de ce qui précède, j’aimerais vous poser les questions suivantes :

  • Votre homologue flamande et vous-même précisez que cette réduction de la vitesse sur le Ring à 100km/h vise à accroître la sécurité, à améliorer la qualité de l’air et à contribuer à réduire les nuisances sonores.
    • De son côté, votre homologue wallonne estime que c’est grâce à une vitesse adaptée en fonction des conditions que l’on améliore la sécurité routière. Est-ce que cette initiative de réduire la limitation de la vitesse de 120km/h à 100km/h est fondée sur des études particulières ? Est-ce que VIAS a été sollicité pour donner son avis sur la mesure ? Qu’est-ce qui est le plus favorable pour la sécurité routière : une limitation à 100km/h ou une vitesse adaptée ?
    • Concernant la qualité de l’air, s’il est logique que rouler de manière continue à 100km/h plutôt qu’à 120km/h a indéniablement un effet positif, est-ce qu’il a été pris en compte l’impact sur la qualité de l’air, dans ces conditions, des effets accordéons générés par les ralentissements et accélérations ?
  • Votre homologue wallonne indique qu’elle n’a pas été concertée pour cette mesure conjointe des régions flamande et bruxelloise. Est-ce bien exact ? Dans l’affirmative, pour quelles raisons la Région wallonne n’a-t-elle pas été associée aux discussions ? Pourquoi ne pas avoir tenté d’arriver à un système cohérent sur toute la longueur du Ring ?
  • La mesure en vigueur depuis le 1er septembre 2020 sera-t-elle évaluée ? Dans l’affirmative, quand et comment ?
  • Enfin, est-ce que le projet flamand d’élargissement/optimalisation du Ring aura un impact sur le régime de vitesse à venir ? Avez-vous prévu de vous remettre autour de la table pour revoir les limitations de vitesse au regard d’un ring réaménagé ?

Marc LOEWENSTEIN


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