Les développements futurs du Waterbus et son intégration au réseau de la STIB

L’un des objectifs affichés par la Région est la réduction de la congestion automobile et des émissions polluantes induites par le transport routier.

Pour satisfaire à de tels objectifs, Bruxelles pourrait davantage développer sa voie d’eau, celle-ci présentant l’avantage d’être la seule voie d’accès à la capitale qui n’est pas embouteillée et qui est susceptible d’accueillir, sans aménagements supplémentaires, le double de trafics qu’elle connaît actuellement.

Ne serait-il pas opportun dans ce cadre de davantage intégrer le Waterbus au réseau de la STIB ?

Demande d’explication de M. Marc LOEWENSTEIN, Député bruxellois DéFI, à Mme Elke VAN DEN BRANDT, Ministre, chargée des Travaux publics, de la Mobilité et de la Sécurité routière.

Concerne : Les développements futurs du Waterbus et son intégration au réseau de la STIB

L’un des objectifs affichés par la Région est la réduction de la congestion automobile et des émissions polluantes induites par le transport routier. Pour satisfaire à de tels objectifs, Bruxelles pourrait davantage développer sa voie d’eau, celle-ci présentant l’avantage d’être la seule voie d’accès à la capitale qui n’est pas embouteillée et qui est susceptible d’accueillir, sans aménagements supplémentaires, le double de trafics qu’elle connaît actuellement. Un tel développement paraît d’autant plus se justifier compte tenu des problèmes de mobilité dont souffre le territoire du Canal. En effet, au trafic automobile particulièrement dense s’ajoute le trafic de nombreux véhicules utilitaires, camions et camionnettes, généré par l’activité portuaire. Aux heures de pointe, les grands axes qui longent le Canal sont de plus en plus saturés. Le parking est devenu rare, payant et à durée limitée.

A l’instar d’autres grandes villes européennes comme Amsterdam, Rotterdam ou Anvers, Bruxelles possède, elle aussi, son dispositif de transport collectif par voie d’eau, mieux connu sous sa dénomination « Waterbus ». Lancé en 2013 par l’association bruxelloise Brussels by Water et son partenaire du Brabant flamand Kanaaltochten Brabant, le Waterbus est un transport en commun à la fois agréable, ponctuel et multifonctionnel combinant les déplacements professionnels, privés, touristiques et de loisir. Il relie, par le Canal, la Flandre à Bruxelles entre Vilvorde et Sainctelette en 55 minutes via 7 arrêts connectés aux transports en communs classiques. Cela permet d’embarquer et de débarquer 90 personnes à la fois à proximité des quartiers, zones de logement, de loisirs, de tourisme ou de bureau et centres commerciaux. La durée de trajet rend le Waterbus compétitif avec les véhicules particuliers et les transports en commun terrestres, eu égard aux embouteillages dans lesquelles ils sont pour la plupart empêtrés. Il est également adapté aux cyclistes qui peuvent y embarquer leur vélo, aux personnes plus âgées, aux personnes moins valides et aux familles voyageant avec des poussettes. L’attractivité de ce mode de transport est croissante au fil des années, le Waterbus a été utilisé par 43.954 personnes en 2019.

Par ailleurs, le Waterbus offre un complément novateur aux transports traditionnels car il ne provoque pas de nuisances pour les autres utilisateurs, il n’occupe pas de place supplémentaire dans l’espace public, ne génère que peu d’émissions et enfin, ne nécessite que très peu d’investissements car il utilise une infrastructure existante déjà amortie. Il est donc plus écologique et plus en phase avec les préoccupations climatiques actuelles. Ainsi, le Waterbus contribue pleinement à la volonté de réduire la congestion automobile et le rejet d’émissions polluantes.

Malgré ses nombreux avantages, le Waterbus présente encore quelques limites notables. Actuellement, un seul bateau navigue à une vitesse de croisière entre 12 et 14 km/h et ce uniquement 142 jours par an, de début mai à fin octobre. Plus encore, durant les jours de navigation, seulement 4 départs depuis Vilvorde et 4 départs depuis Bruxelles sont organisés. Enfin, il n’existe pas de formule d’abonnement ni d’intégration tarifaire avec les autres sociétés de transports en commun desservant la capitale.

Pour pallier ces limites, une intégration du Waterbus au réseau de la STIB devrait être en mesure d’améliorer son attractivité. Concrètement, cela passera par notamment par une tarification et une billettique communes, une information multimodale, disponible aux différents arrêts et stations ainsi que dans les navettes, un aménagement intégré des stations, un fléchage optimal pour renforcer la lisibilité du service, etc. En outre, l’intégration et le développement du transport collectif fluvial dans le réseau de la STIB et son développement participent à des projets de reconquêtes et de réaménagements des espaces jusqu’alors délaissés et contribueront indubitablement à améliorer le tissu urbain dans la zone du Canal.

En juillet 2017, votre prédécesseur déclarait, à la suite d’une question que je lui adressais, que le contrat de gestion de la STIB alors en cours limitait son champ d’intervention au métro, au tram et au bus et d’ajouter que la piste visant à intégrer la collaboration avec le Waterbus au prochain contrat de gestion de la STIB 2019-2023 devait être explorée. Il précisait également que le Waterbus et les lignes existantes et futures de la STIB sont parfaitement complémentaires et qu’il serait envisageable d’avoir des tarifs combinés. Il concluait alors que le projet du Waterbus avait démontré tout son potentiel et qu’il était temps de le développer et de l’intégrer éventuellement dans l’offre de la STIB. Depuis, le contrat de gestion de la STIB 2019-2023 précise en son article 23 que « La STIB et Bruxelles Mobilité s’engagent à suivre les évolutions du projet « Waterbus » en tant que projet potentiel innovant de transport public tourné vers l’avenir, avec une [intégration] dans le réseau, la communication et la tarification ».

Par ailleurs, dans le PRDD, un accent particulier a été placé sur le développement de la mobilité en valorisant les infrastructures de transport existantes et ce afin de désengorger les voiries. Le Plan Canal met en avant l’importance d’évaluer le potentiel que représente le Canal pour contribuer au développement de services de transports collectifs urbains par voie d’eau, notamment en vue d’améliorer la mobilité de cette partie de Bruxelles. L’expérience du Waterbus s’inscrit parfaitement dans les objectifs susmentionnés. Le Waterbus revêt le potentiel d’être un véritable complément voire une alternative durable en matière de mobilité et non pas uniquement un mode de transport principalement utilisé dans une perspective de loisirs, comme c’est le cas aujourd’hui. Il est temps de pleinement le développer et cela devrait passer par son intégration au réseau de la STIB.

Compte tenu de la situation, voici mes questions :

  • Quelles sont les initiatives prises par la STIB et Bruxelles Mobilité pour mettre en œuvre les engagements repris au Contrat de gestion de la STIB, plus particulièrement quant à son intégration dans le réseau, la communication et la tarification ?
    Soutenez-vous le développement d’une tarification et d’une billettique commune ainsi qu’une campagne de communication du dispositif du Waterbus avec celles de la STIB, la TEC et De LIJN ? Quid de la création d’une formule d’abonnement ?
    Soutenez-vous le développement d’une information multimodale aux différents arrêts et stations de la STIB proches de ceux du Waterbus en vue d’informer et de promouvoir le dispositif du Waterbus ? Le service Waterbus sera-t-il intégré au projet MaaS ?
    Soutenez-vous le développement d’un fléchage intégré et complet entre les arrêts des transports terrestres de la STIB (bus, tram, métro) avec ceux du Waterbus ?
  • Pouvez-vous me communiquer la proportion de touristes, de Bruxellois et de navetteurs qui ont emprunté le Waterbus en 2018, 2019 et 2020 ?
  • En octobre 2016, le Gouvernement déclarait que les subsides à destination du Waterbus devaient encore perdurer quelques années pour permettre à l’opérateur d’atteindre un niveau de service, de fréquence et de vitesse commerciale garantissant sa rentabilité commerciale, hors financements publics. Le Waterbus est-il aujourd’hui rentable hors financements publics ? Dans la négative, à quelle hauteur et sous quelles modalités la Région finance-t-elle le fonctionnement du Waterbus en 2020 et pour les années suivantes ?
  • Le Gouvernement indiquait par ailleurs que la vitesse commerciale pour relier Vilvorde et Sainctelette devait être sensiblement améliorée avec la mise en service d’un nouveau bateau en 2020. Cette vitesse commerciale a-t-elle été améliorée en 2020 ? Dans l’affirmative, dans quelle mesure ?
  • Pouvez-vous me communiquer les projets d’extension du Waterbus en cours ainsi que leurs échéances, que ce soit en termes de nombre de bateaux en service et d’arrêts desservis ou en termes de fréquences ? Soutenez-vous une prolongation de la ligne jusqu’à la porte de Ninove ?
  • Quelles sont les relations que la Région entretient avec la Flandre dans le cadre du développement du Waterbus ?

Je vous remercie pour vos réponses.

Marc LOEWENSTEIN


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