Non à la suppression de relations économiques et commerciales entre Bruxelles et Israël

Le Parlement a dernièrement débattu d’une proposition du PTB visant à supprimer les relations économiques et commerciales entre Bruxelles et Israël.

Pour DéFI, on ne défend pas le respect les Droits Humains, de manière variable, en fonction des affinités ou de l’indifférence des uns à l’égard de certains régimes et de l’aversion systématique et maladive d’autres, ciblée essentiellement sur un pays, Israël.

Si l’on souhaite réellement avoir un débat constructif sur l’état de nos relations économiques et commerciales, nous devons avoir l’honnêteté de mettre tous nos accords sur le tapis et y vérifier, pays par pays, le respect des Droits Humains, la protection des minorités, le sort qui y réservé aux femmes, aux homosexuels, aux dissidents, aux prisonniers, aux journalistes, et décider ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

En tout état de cause, il n’est pas question de répondre à l’appel des sirènes anti-israéliennes, antisionistes, voir antisémites.

L’on peut par ailleurs s’interroger sur les motivations et la crédibilité que l’on peut donner aujourd’hui à la démarche d’un parti qui n’a jamais voté de textes à aucun niveau de pouvoir condamnant la Chine qui a mis plus d’un million d’Ouighours musulmans dans des camps !

Proposition de résolution déposée par le PTB visant à supprimer les missions économiques et commerciales en Israël

Intervention en séance plénière du Parlement bruxellois

Le débat que nous avons eu en commission a été assez surréaliste il faut le dire, notamment puisqu’on y a traité d’un texte caduc que les auteurs ont voulu remettre au goût du jour en modifiant le titre et en supprimant leur demande principale.

Le débat ayant finalement eu lieu, chacun a pu communiquer son avis et j’interviendrai donc ici au nom de mon groupe, dans la droite ligne de l’intervention faite par Emmanuel De Bock en commission.

Si certains étaient plus ou moins mesurés dans leurs interventions, on sentait une haine particulière du parti auteur de la proposition, le PTB, à l’encontre d’Israël, haine qui ne sert pas la cause qu’ils se disent vouloir défendre. Cette stratégie et cet acharnement ne mèneront à rien de positif si ce n’est contribuer à entretenir la haine et les extrêmes et à importer le conflit israélo-palestinien dans nos rues… Mais peut-être est-ce l’objectif visé.

L’approximation des réponses fournies par M. Van Cauwenberghe en commission démontrait par ailleurs sa méconnaissance de la situation et l’effet du lavage de cerveau d’organisations pas très fréquentables comme BDS notamment, n’en déplaise à certains.

Je ne reviendrai pas ici sur l’utilisation de certains termes comme celui d’apartheid propres à ces organisations anti-israéliennes, antisionistes, voire antisémites. La mise au point est reprise clairement dans le rapport et a été refaite ici en plénière par ma collègue Teitelbaum.

Je m’interroge par ailleurs sur la cohérence de certains lorsqu’ils demandent d’un côté le boycott et se plaignent de l’autre du fait qu’Israel ne vaccine pas les Palestiniens !

Comme d’autres collègues, nous avons pointé l’indignation sélective en l’espèce ici du PTB qui n’hésite pas à systématiquement attaquer Israël, qui, faut-il le rappeler, est et reste une démocratie, alors qu’il ne s’acharne pas autant, voire pas du tout, à dénoncer les relations de la Belgique, de Bruxelles avec une série de dictatures au travers le monde. On a les indignations qu’on peut…

Je m’interroge aussi sur la crédibilité que l’on peut donner aujourd’hui à la démarche d’un parti qui n’a jamais voté de textes à aucun niveau de pouvoir condamnant la Chine qui a mis plus d’un million d’Ouighours musulmans dans des camps !

Nous avons par ailleurs rappelé être tout à fait ouverts à un débat sur les échelles de valeurs, sur les critères à proposer pour savoir si oui ou non nous pouvons entretenir notamment des relations économiques et commerciales avec certains pays ou régions.

Focaliser le débat sur une seul pays, Israël, cloué de manière disproportionnée au pilori si l’on y compare le respect des Droits Humains par rapport à d’autres Etats avec qui Bruxelles entretient des relations économiques et commerciales, c’est se faire les complices de ceux qui sont malades à la vue de ce petit Etat d’Israël sur la carte du Monde. Nous ne participerons pas à cette condamnation et à cette indignation sélectives.

Si l’on souhaite réellement avoir un débat constructif sur l’état de nos relations économiques et commerciales, nous devons avoir l’honnêteté de mettre tous nos accords sur le tapis et y vérifier, pays par pays, le respect des Droits Humains, la protection des minorités, le sort qui y réservé aux femmes, aux homosexuels, aux dissidents, aux prisonniers, aux journalistes, et décider ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

Nonobstant le fait qu’Israël soit le premier partenaire commercial dans la zone du Moyen-Orient, si la Région bruxelloise devait rompre les liens économiques avec ce pays en vertu du critère de respect des Droits Humains, elle devrait en faire de même avec de nombreux autres pays où la situation des Droits Humains est très préoccupante et il y a beaucoup d’exemples que l’on pourrait citer.
Quelle position devrions-nous avoir par rapport à la Chine, à l’Arabie Saoudite, au Qatar, à Cuba, l’Iran, la Russie, la Turquie, ou encore certains pays européens comme la Pologne et la Hongrie ?
Quant à nous, je pense que nous devons rester humbles ? La Belgique est également perfectible. Il se pourrait qu’à cause d’une politique fédérale d’enfermement des mineurs, certains pays rompent les relations avec la Belgique. Doit-on par ailleurs limiter nos relations économiques avec la Wallonie, exportatrice d’armes ?
DéFI n’a pas donc de problème à mettre les choses à plat mais, à condition que cela concerne tout le monde. On ne défend pas le respect les Droits Humains, de manière variable, en fonction des affinités ou de l’indifférence des uns à l’égard de certains régimes et de l’aversion systématique et maladive d’autres, ciblée essentiellement sur un pays, Israël.

Mon chef de groupe, Emmanuel De Bock a répété en commission ne pas aimer opposer économie et droits humains. Il a rappelé l’importance économique des deux marchés israélien et palestinien. Le boycott ne servirait les intérêts de personnes mis à part ceux qui souhaitent entretenir les extrémistes de tous bords.

Hub.brussels propose aux entreprises bruxelloises une mission sur Israël et les territoires palestiniens pratiquement chaque année, ceci, pour plusieurs raisons :

  • parce que l’attaché économique et commercial à Tel Aviv est très actif sur les deux marchés ;
  • parce que le contexte israélien est « business friendly » ;
  • et parce que le marché israélien a, comme l’a rappelé Emmanuel De Bock en commission, une certaine importance économique pour la Région. Israël étant le 8ème client et le 8ème fournisseur de la Région bruxelloise hors Europe en 2016 en termes d’échanges commerciaux. Quant à la Palestine, elle était au même moment le 168ème client et le 151ème fournisseur de la Belgique. Et s’il y a là un grand écart entre les deux marchés, les missions économiques et le travail de l’attaché économique et commercial portent une attention tant au marché israélien que palestinien.

Et il n’est pas inutile de préciser que cette attention trouve son fondement dans le principe que le développement des relations commerciales entre entreprises contribue aux échanges entre les populations. Et j’ose espérer que nous nous accordons tous sur l’importance de ce dialogue entre Israéliens et Palestiniens. Par ailleurs, pénaliser le secteur privé israélien en supprimant ces missions économiques aura de toute évidence un impact négatif sur les échanges avec le marché palestinien, dont les difficultés de développement sont énormes.

Enfin, le boycott des relations économiques et commerciales avec Israël et la demande de fermeture du bureau de l’attaché économique et commercial ne servent pas non plus les entreprises bruxelloises souhaitant pouvoir saisir des opportunités de développement se basant sur l’expertise d’entreprises israéliennes à la pointe, notamment dans le domaine médical et des nouvelles technologies.

Pour conclure, nous avons tous été sollicités ces derniers jours via des emails nous demandant d’adopter cette résolution.

  • Nous ne répondrons pas à l’appel des sirènes anti-israéliennes, antisionistes, voir antisémites.
  • DéFI signifie Démocrate, Fédéraliste et Indépendant.
  • DéFI est fortement attaché au respect des Droits de l’Homme, à la protection des minorités, à la justice, au principe d’égalité de traitement entre les citoyens.
  • DéFI a aussi dans son ADN la cohérence dans ses positions et refuse de défendre des positions à géométrie variable en fonction des sujets ou publics concernés.

Pour toutes les raisons énoncées, le groupe DéFI, qui a voté contre cette résolution en commission, votera également contre ce texte en séance plénière.